RDC: l'incendie d'une salle des fêtes à Kinshasa fait au moins une dizaine de morts et de nombreux blessés

En République démocratique du Congo (RDC), une fête de mariage a tourné au drame, dans la nuit du vendredi 4 au samedi 5 septembre 2026, à Kinshasa. Le bilan provisoire est de 12 morts et de nombreux blessés, selon un communiqué du gouvernement. L’incendie s’est déclaré dans une salle située au premier étage d’un bâtiment commercial du boulevard Triomphal.

Une vue du Boulevard du 30-Juin à Kinshasa, capitale de la République démocratique du Congo.
Une vue du Boulevard du 30-Juin à Kinshasa, capitale de la République démocratique du Congo. © Pascal Mulegwa / RFI
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Comment expliquer un tel bilan ? Ce samedi 5 septembre 2026, le gouvernement congolais a indiqué, dans un communiqué, que le bilan provisoire de l'incendie qui a touché une salle des fêtes à Kinshasa, dans la nuit de vendredi à samedi, s'élève à 12 morts et de nombreux blessés. Dans un premier temps, Norbert Mushiga, le bourgmestre de Lingwala, avait fait état de 22 morts. Un bilan revu à la baisse par les autorités.

Au début, les invités sont installés dans la salle Panacée. La musique joue. Le marié vient de faire son entrée et la mariée est encore attendue. Une vidéo montre alors le début d’un feu devant l’espace où le couple doit prendre place. La situation s’aggrave rapidement. Les invités tentent de quitter la salle, mais, selon le bourgmestre de Lingwala, il n’y a qu’une seule porte de sortie qui ne permet pas le passage de nombreuses personnes en même temps.

La fumée complique également l’évacuation. D’autres vidéos montrent ensuite des personnes inanimées, des appels au secours et des invités tentant de porter assistance aux victimes. Certaines personnes auraient utilisé les fenêtres pour sortir du bâtiment. Les pompiers interviennent pendant la nuit.

Samedi matin, les traces du sinistre témoignaient de la violence des flammes sur place, rapporte notre correspondant à Kinshasa, Pascal Mulegwa. La salle de fête, louée à plus de 4 000 dollars, est aujourd’hui éventrée : vitres brisées, ouvertures endommagées et débris jonchent les abords de l’immeuble.

La police en bloque l’accès. Des agents de la police technique et scientifique sont arrivés sur place pour effectuer les premières constatations. Le bilan reste provisoire et fait état de plusieurs blessés, pris toujours en charge dans différents hôpitaux de Kinshasa.

Les normes de sécurité n'étaient pas respectées, affirme le bourgmestre

Jacquemain Shabani, ministre de l'Intérieur, s’est rendu sur place avec le vice-gouverneur de Kinshasa et des responsables de la police. Il ne s’est pas exprimé.

Le bourgmestre affirme, lui, que les normes de sécurité n’étaient pas respectées. Il promet des mesures contre les salles non conformes.

La police scientifique poursuit ses constatations. L’origine du feu reste inconnue. Les mariés sont vivants, mais la mariée a été traumatisée, selon l’autorité municipale.

Situé à quelques mètres d’endroits stratégiques comme le plus grand camp militaire du pays, l’immeuble du gouvernement et non loin du parlement, la salle Panacée était anciennement un salon d’exposition des meubles.  

Sur internet, les photos des victimes ont provoqué l’émoi, une mise en cause des autorités et relancé le débat sur les  permis de construire perçus comme une formalité plutôt qu’un outil de régulation. 

L’application des normes doit être contrôlée

Au-delà des circonstances de l’incendie, le drame de la salle Panacée pose la question du contrôle des salles de fête à Kinshasa. Dans une capitale de plus de 18 millions d’habitants, ces espaces se multiplient et accueillent, chaque week-end, des centaines de cérémonies.

Joint par RFI, le professeur Gulain Amani, enseignant à l’Institut d’architecture et d’urbanisme de Kinshasa, souligne que la prévention doit commencer, dès la conception du bâtiment et lors de la délivrance du permis de construire. Issues de secours, escaliers, matériaux, signalisation ou accès des pompiers… les normes existent, mais leur application doit être contrôlée.

Je l’ai toujours dit, il y a des normes officielles qui existent, à côté desquelles, il existe une tension avec les normes qui s’appellent les normes pratiques. En fait, il faudrait veiller à cette effectivité des normes pour que le permis de construire ne soit pas qu’une formalité administrative et que, si on veut affecter un bâtiment à une activité comme celle-là – une salle de fêtes – il faut se prémunir, en amont, de toutes les conditions requises pour la sécurité et pour la vie humaine.

01:06

Gulain Amani, Enseignant à l’Institut d’architecture et d’urbanisme de Kinshasa

Patient Ligodi

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