La Libye et la Turquie signent un accord de délimitation de leurs frontières maritimes
Le Parlement de l'Est libyen contrôlé par le maréchal Haftar a ratifié le texte à travers lequel les deux pays se partagent les eaux de la région, mardi 20 octobre. S'il représente un retournement complet des relations entre les deux parties, l'accord relance aussi les rivalités en Méditerranée orientale puisque celui-ci fait fi des revendications de la Grèce et de l'Égypte...
Publié le :
C'est un accord maritime qui ravive les rivalités régionales en Méditerranée orientale où, depuis 2009, la découverte de gisements de gaz attise les convoitises des pays riverains pour obtenir des droits d'exploration et d'exploitation dans la zone.
Mardi 20 octobre, l'Est libyen contrôlé par le maréchal Haftar a fini par ratifier un accord de délimitation des frontières maritimes avec la Turquie, texte à travers lequel les deux pays se partagent les eaux de la région. L'accord délimite notamment leurs espaces maritimes respectifs et leurs zones économiques exclusives qui leur donnent des droits d’exploitation des ressources du fond marin et de son sous-sol... mais sans tenir compte des revendications de la Grèce et de l'Égypte.
La délimitation mise en œuvre empiète en effet sur les espaces revendiqués par Le Caire et Athènes, la Turquie estimant, en particulier, que les îles grecques ne doivent pas entraver son accès aux espaces maritimes situés plus au sud - une revendication qu'elle justifie par la longueur de son littoral méditerranéen qu’elle présente comme le plus étendu des pays riverains de la région. La Grèce, qui ne l'entend pas de la même oreille, n'a évidemment pas tardé à dénoncer une violation du droit international, déclarant que cet accord porte atteinte aux droits souverains des États de la région et « demeure [donc] illégal, nul et non avenu ».
Un retournement complet des relations entre les deux camps
Cet accord marque en outre un retournement complet des relations entre l'Est libyen du maréchal Haftar et Ankara. Longtemps restées compliquées, elles ont même été jusqu'à l'affrontement indirect entre 2019 et 2020, lorsque le soutien turc au gouvernement de Tripoli a joué un rôle majeur pour repousser l’offensive des forces du maréchal Haftar contre la capitale libyenne.
Depuis, les deux parties étaient en rupture diplomatique, si bien que seules les autorités de Tripoli avaient signé l'accord. Toutefois, une offensive diplomatique turque auprès du camp Haftar a ensuite permis d'améliorer nettement les relations entre les deux camps et donc de déboucher sur la ratification du texte à l’unanimité par le Parlement de Benghazi qui refusait jusque-là de l’approuver.
À lire aussiLibye: rapprochement consolidé entre la Turquie et le camp de l’Est libyen dirigé par le maréchal Haftar
NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail
Je m'abonne