Au Soudan, l'organisation de défense des droits humains Siha condamne la détention par l’armée de près de 800 femmes dans différentes prisons à travers le pays. Alors qu'elles vivaient dans des zones auparavant contrôlées par les Forces de soutien rapide (FSR), désormais reprises par l’armée, ces Soudanaises sont accusées d’avoir collaboré avec les paramilitaires. Publié le : 21/09/2026 - 19:10 1 min Temps de lecture Elles se trouvent dans les prisons d’Omdurman, El-Obeid au Kordofan Nord, Kasala ou encore Al-Qadarif. « Certaines femmes ont été arrêtées parce qu’elles cuisinaient pour les paramilitaires ou leur vendaient du thé dans la rue », détaille Hala al-Karib, directrice régionale de l’organisation Siha. La militante pour la défense des droits humains cite également le cas d’une institutrice, Kadamallah Abdel-Ghani, qui négociait avec les éléments des Forces de soutien rapide (FSR) à Khartoum-Nord pour que la distribution d’eau soit autorisée dans son quartier. « La plupart du temps, il s’agissait d’activités civiles comme celle-là », regrette la responsable de Siha. À lire aussiSoudan: les femmes premières victimes de la guerre, affirme la ministre aux Affaires sociales Selon elle, près de 800 femmes se trouveraient aujourd’hui dans les geôles gouvernementales pour avoir collaboré avec les paramilitaires. La raison du soupçon ? Avoir vécu sous le joug des FSR. « Mais les paramilitaires ont également procédé à ce genre d'accusations et d'arrestations, et certaines ont disparu », abonde Hala al-Karib qui souligne tout de même que, à la différence des régions contrôlées par les FSR, les femmes en détention peuvent obtenir un droit de visite ainsi qu’une aide juridique. Elle déplore pour autant que « dans le passé déjà, les femmes ont toujours été des dommages collatéraux de cette guerre ». Certaines femmes ont été arrêtées parce qu’elles cuisinaient pour les paramilitaires, ou leur vendaient du thé dans la rue. Dans le cas de cette institutrice, Kadamallah Abdel-Ghani, elle négociait avec les FSR - quand ils contrôlaient Khartoum nord, pour qu'ils autorisent la distribution d’eau dans son quartier. La plupart du temps, il s’agissait d’activités civiles, comme celles-là. Ces femmes ont été arrêtés par l'armée soudanaise quand elle a repris le contrôle de Khartoum, ou d'autres localités. Mais les paramilitaires ont également procédé à ce genre d'accusations et d'arrestations. La seule différence c’est que dans les zones contrôlées par l’armée aujourd'hui, nous avons accès à ces femmes en prison, elles peuvent obtenir une aide juridique. Alors que dans les zones contrôlées par les paramilitaires, nous n'avons pas accès à ces prisons, nous ne savons pas où elles sont. Elles ont tout simplement disparu. Dans le passé le Soudan a toujours criminalisé les femmes, cela fait presque partie intégrante du système judiciaire. Les femmes sont toujours des dommages collatéraux de cette guerre. Hala al-Karib, directrice régionale de l’organisation SihaAlexandra Brangeon À lire aussiSoudan du Sud: les témoignages de femmes réfugiées dans le camp de Gorom [3/3]