Éboulement d’une décharge en Guinée: les familles prises de court face aux opérations de «casse»

En Guinée, un éboulement de la décharge du quartier de Dar-es-Salam a fait au moins 34 morts et de nombreux blessés dans la nuit de samedi au dimanche 23 août. Les autorités guinéennes ont entamé des opérations de « casse » pour dégager le périmètre de la décharge. Les familles sont prises de court et racontent la peur et les pertes subies.

Des habitants et des secouristes utilisent une pelleteuse pour rechercher des corps après un glissement de terrain qui s'est produit pendant la nuit du 23 août 2026 à la décharge de Dar es Salaam, à Conakry.
Des habitants et des secouristes utilisent une pelleteuse pour rechercher des corps après un glissement de terrain qui s'est produit pendant la nuit du 23 août 2026 à la décharge de Dar es Salaam, à Conakry. AFP - -
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Avec notre correspondant à Conakry, Mouctar Bah

À Dar-es-Salam, la vie reprend difficilement son cours. Dans les rues, des habitants racontent encore les scènes auxquelles ils ont assisté.

« Vous avez vu, ils sont venus casser ici sans préavis, sans nous informer. Vous avez vu les bagages dehors. Ma femme et mes enfants sont tous dans la rue. Comment nous allons faire ? »    

Dans le quartier, les conséquences sont aussi matérielles. Pour certains commerçants, il faut désormais réparer, remplacer et tenter de reprendre une activité normale.

« Nos commerces sont détruits, nos ateliers engloutis. On va essayer de reconstruire, refaire une autre vie si Dieu le veut. »

Au fil des témoignages, un sentiment revient, celui d’habitants qui cherchent aujourd’hui à comprendre ce qu’il s’est passé et à retrouver leur quotidien.

« On a cassé notre maison. J’ai deux épouses et sept enfants. Tout le monde est dehors, nous n’avons pas où aller. On demande à l’État ce qu’il faut faire, on demande de l’aide. »

Derrière les dégâts visibles, restent donc des familles confrontées aux conséquences de ce qu’elles ont vécu : « Dislocation des familles, risque de divorce, risque d’épidémie… les risques sont énormes. L’État aurait dû attendre la fin de la saison des pluies pour casser les habitats. »

Les traces matérielles finiront peut-être par disparaître, mais pour les victimes rencontrées dans le quartier, le souvenir de la catastrophe, lui, reste encore bien présent.

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